En 1152, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et du roi Henri II Plantagenet fait passer l’Aquitaine sous domination britannique. Comme beaucoup de cités, Saint-Emilion devenue entretemps un centre très important de vie religieuse avec l’établissement de la Collégiale et de son cloître voulut acquérir ses droits. Ce sera l’un des fils d’Henri II, Jean-Sans-Terre qui satisfera cette volonté par une Charte signée à Falaise le 8 juillet 1199.

Dès lors, à l’abri de ses murailles fortifiées, la Cité possède son autonomie administrative, judiciaire et financière sous une double tutelle civile et écclésiastique. Largement confirmés au XIIIe siècle, les droits acquis par la Charte de Falaise favoriseront un essor considérable du vignoble sous l’occupation anglaise. La création du port de Libourne en 1269 ouvrira la route aux expéditions de vins. L’octroi de nouveaux privilèges par Edouard Ier en 1289 confirme et étend les prérogatives de la Jurade de Saint-Emilion aux paroisses voisines qui formeront désormais sa juridiction.

 

Tout au long des XIVe et XVe siècles, les luttes d’influences entre Français, Anglo-aquitains et seigneurs locaux auront des conséquences catastrophiques pour Saint-Emilion et son vignoble. La paix qui revient après la bataille de Castillon en 1453 sera de courte durée. Dès 1562, les affrontements entre troupes royales et protestants marquent le début des guerres de religion. Comme nombre d’autres villes du Bordelais et de Dordogne, Saint-Emilion eût beaucoup à souffrir de ces luttes.
L’avènement du béarnais Henri IV en 1589 marqua la fin de ces épisodes douloureux. La ville et sa Juridiction, confirmées dans leurs droits et privilèges, vont pouvoir retrouver les chemins de la vigne...