La volonté de garantir l’origine, l’authenticité et la qualité des vins a toujours été très forte à Saint-Emilion. Jusqu’à la Révolution de 1789, ce fut la Jurade qui assura ce rôle. Un siècle plus tard, le vote de la Loi du 21 mars 1884 permettant au monde agricole de créer des syndicats professionnels, redonne aux viticulteurs de Saint-Emilion de nouveaux instruments pour défendre et promouvoir leur appellation.

1884 : Saint-Emilion crée le premier syndicat viticole de France. Huit mois seulement après la promulgation de la loi sur les syndicats professionnels, le Syndicat Viticole de Saint-Emilion naît le 7 décembre 1884. Expression de la volonté commune, il agit tant dans le domaine de la solidarité sociale que dans ceux du conseil technique, de la promotion, de l'image et de la qualité des vins de Saint-Emilion. C'est sous l'impulsion du Syndicat Viticole que de nombreuses dispositions et initiatives seront peu à peu introduites.

1930 : Le nouveau syndicat s'implique dans la création du Comité des Appellations d'Origine (actuel I.N.A.O.).

1931 : Création à Saint-Emilion de la première coopérative viticole du Bordelais : l'Union de Producteurs de Saint-Emilion.

1936 : L'aire de production de l'Appellation d'Origine Contrôlée Saint-Emilion est définie par décret concrétisant les efforts de qualité déjà réalisés et définissant les nouveaux critères de rendement, de densité de plantation, de degré...

1948 : Renaissance de la Jurade de Saint-Emilion : gardienne d'une tradition séculaire, la Jurade pousse alors les viticulteurs à franchir de nouvelles étapes.

1951 : La Jurade prend l'initiative de créer un label : le Label de la Jurade octroyé aux vins qu'elle aura contrôlés par l'intermédiaire d'un jury de dégustateurs garants de la qualité des vins. Ce label préfigure déjà ce qui deviendra plus tard la procédure d'agrément des vins d'A.O.C. La Jurade prouve ainsi que préserver un patrimoine, c'est aussi être pionnier.

1954 : Création de quatre appellations : Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Emilion Grand Cru Classé et Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé (décret du 7 octobre 1954).

1955 : Premier Classement des vins de Saint-Emilion complété en 1958 (arrêté du 16 juin 1955 complété par l'arrêté du 7 août 1958 et l'arrêté du 18 octobre 1958).

1969 : Première révision du classement des vins de Saint-Emilion (arrêté du 17 novembre 1969).

1973 : Instauration d'un examen d'aptitude au vieillissement et mise en bouteille obligatoire sur les lieux de production pour les A.O.C. Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Emilion Grand Cru Classé et Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé.

1974 : Mise en place de la procédure nationale d'agrément des vins d'A.O.C. (décret du 19 octobre 1974) par laquelle tout vin souhaitant obtenir les appellations Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Emilion Grand Cru Classé ou Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé doit être agréé par une commission d'experts-dégustateurs.

1984 : Décret du 11 janvier 1984 transformant les quatre A.O.C., en deux A.O.C., Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru, les crus du classement appartenant alors à l'appellation Saint-Emilion Grand Cru.

1986 : Deuxième révision du classement (arrêté du 23 mai 1986).

1996 : Troisième révision du classement des crus de Saint-Emilion (arrêté du 8 novembre 1996).

 

 

 

Le vignoble de Saint-Emilion est depuis décembre 1999 inscrit sur la liste des biens du patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de “ paysage culturel “. C’est la première fois au monde qu’un paysage viticole est labellisé patrimoine mondial. L’U.N.E.S.C.O. a ainsi reconnu la valeur universelle exceptionnelle du site.

5000 hectares de vignes situées sur l’aire géographique d’appellation d’origine Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru

huit communes formant l’ancienne Juridiction de Saint-Emilion.

Un site qui constitue un témoignage exceptionnel d’une tradition culturelle et d’une civilisation vivante, celle de la vigne, l’œuvre conjuguée de la Nature et de l’Homme. C’est en effet tout un ensemble d’éléments qui justifie aujourd’hui de cette inscription au patrimoine mondial :

un paysage qui a su conserver des témoignages remarquables de l’Histoire (la cité médiévale de Saint-Emilion, les églises romanes des communes voisines, grottes, moulins, et pigeonniers...

un paysage vivant et évolutif, le vignoble de Saint-Emilion, modelé par des générations d’hommes qui veillent depuis des siècles à la préservation et au développement de ce patrimoine.

C’est l’œuvre de ces générations de viticulteurs, qui ont façonné, par leur travail, au fil des siècles, les coteaux et les combes de Saint-Emilion, que l’UNESCO a reconnue. Gageons que les Saint-Emillionnais du troisième millénaire sauront mériter ce classement.