Le premier classement des Vins de Saint-Emilion date de 1955 (et non pas de 1855). En effet, le classement de 1855 a été géré par la Chambre de Commerce de Bordeaux dont la
territorialité n’englobait pas le Libournais. Le Libournais représentait déjà une vraie région économique à part entière, indépendante de Bordeaux : Libourne possède ainsi son propre Syndicat des Négociants en vins et sa propre Chambre de Commerce.

 

Nullement gênés par cette absence de classement, les crus de Saint-Emilion poursuivirent leur développement à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Il est pourtant apparu, au fils des ans, que l’établissement d’un classement (formidable élément de repère pour le consommateur) constituerait un gage de sérieux et de notoriété supplémentaire pour une région de grands vignobles comme celle de Saint-Emilion.
Dès 1930, le Syndicat Viticole de Saint-Emilion se pose la question de son instauration.
Ce projet aboutit quand l’INAO, lui conférant toute sa caution de sérieux, accepte de prendre en charge ce classement, régi par le décret du 7 octobre 1954.

Des principes novateurs - Ce classement apporte un certain nombre de principes novateurs :
Il s’intègre à l’appellation Saint-Emilion Grand Cru et crée 2 catégories : Saint-Emilion Grand Cru Classé et Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé (A et B).
Il relève de l’initiative des propriétaires (et non plus des courtiers), qui doivent tous, pour être classés, déposer un dossier auprès de l’INAO.
Il fait l’objet d’une révision tous les 10 ans environ.

Cette notion de révision distingue fondamentalement le classement des vins de Saint-Emilion de celui d’autres appellations. Elle oblige, en effet, les châteaux reconnus à ne pas démériter sous peine d’être déclassés. Elle incite les autres à progresser jusqu’à mériter cette distinction.
En outre, elle est gage de qualité et d’authenticité pour le consommateur.

Cinq classements depuis l'origine

Le premier classement des Crus de Saint-Emilion, du 16 juin 1955 complété par les arrêtés des 7 août et 18 octobre 1958, instituait 12 Premiers Grands Crus Classés et 63 Grands Cru Classés.

Le second classement, en date du 17 novembre 1969, a abrogé le précédent en ajoutant 9 Grands Crus Classés supplémentaires, portant ainsi la liste à 12 Premiers Grands Crus Classés et 72 Grands Crus Classés.

Le troisième classement a dû attendre la mise en place en 1984, du nouveau système d’A.O.C. (deux appellations Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru au lieu des quatre précédentes). Homologué par arrêté du 23 mai 1986, il comportait 11 Premiers Grands Crus Classés et 63 Grands Crus Classés.

Le quatrième classement a eu lieu ensuite en 1996 et a été homologué par arrêté du 8 novembre 1996. Il distinguait 55 Grands Crus Classés et 13 Premiers Grands Crus Classés.

Le dernier Classement date de septembre 2006, il distingue 46 Grands Crus Classés et 15 Premiers Grands Crus Classés.

 

 

 

La commission de classement - La Commission chargée de procéder au classement est nommée par l’INAO, sur proposition du Syndicat Viticole de Saint-Emilion et est composée de 9 membres titulaires.

Depuis le classement de 1996 inclus, le Syndicat Viticole de Saint-Emilion propose à l’INAO un large éventail de compétences des experts, qu’il s’agisse bien sûr du courtage ou du négoce ou bien encore de l’œnologie, du travail de la vigne, de l’étude des sols, ou encore des représentants des milieux économiques et juridiques.
Ainsi, le Comité National INAO a procédé courant 2004 (sur proposition du Syndicat Viticole de Saint-Emilion) à la désignation des membres de la Commission de Classement des crus de Saint-Emilion, chargée de la révision de la liste des crus de 2006.
La commission est composée de 9 membres titulaires et de 3 membres suppléants.
A noter : aucun viticulteur de Saint-Emilion, élu ou non du Syndicat Viticole de Saint-Emilion, ne participe aux travaux de la Commission de Classement.

Dossier de candidature - Il comprend :

un inventaire de l’assiette foncière de l’exploitation ainsi que des modifications éventuellement apportées depuis les 10 dernières années,
tous documents commerciaux indiquant les prix de vente des vins de l’exploitation depuis 10 ans,
des échantillons des vins produits par l’exploitation dans les dix dernières années, les millésimes étant laissés au choix de la Commission.

Conditions d’admission de la candidature :

répondre dans la présentation des vins à une utilisation régulière et normale du nom de l’exploitation au cours des 10 dernières années,
correspondre à une exploitation viticole présentant une entité culturale et économique suffisante et comportant des chais exclusivement réservés aux vins de l’exploitation,
comporter au moins 50% du total des vignes susceptibles de produire des vins ayant droit à l’appellation contrôlée “Saint-Emilion Grand Cru” en vignes de plus de douze ans d’âge,
avoir, au cours des 10 dernières années, obtenu au moins pour 7 récoltes, le certificat d’agrément correspondant à l’appellation “Saint-Emilion Grand Cru”.

De même, les intéressés s’engagent, sauf à perdre le classement de leur exploitation, à ne pas modifier pendant les 10 années à venir l’assiette foncière du vignoble dont sont issus les vins présentés sous le nom de l’exploitation viticole classée (sauf demande exceptionnelle faite à l’Institut National des Appellations d’Origine qui en référera à la commission), à mettre en bouteilles les vins produits dans leur exploitation en “Grand Cru Classé” ou “Premier Grand Cru Classé”.

Examen des candidatures - La commission établit son jugement à partir de tous les facteurs qui justifient ou infirment le classement et parmi lesquels on peut citer en particulier :
consistance de l’exploitation aussi bien en dimension qu’en caractéristiques qualitatives,
conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’oenologie,
commercialisation, présentation, notoriété, importance des actions promotionnelles et prix de vente,
constance et niveau de qualité des vins, appréciés entre autres, par dégustation des échantillons.