|
Par Jean d'ALOS, fromager-affineur à Bordeaux :
"Il n'y a pas de recettes miracles !" prévient
tout de suite Jean d'ALOS, mais il y a des règles à
respecter si l'on veut réussir cette union : comme
par exemple de toujours commencer par le vin pour assurer
la première mise en bouche, puis de goûter le
fromage, avant de revenir au vin. Elémentaire. Quant
aux affaires de goût, le bon sens populaire nous dit
qu'elles ne se discutent pas. "Toutefois, il est préférable
de conserver certaines prudences" concède, espiègle,
dans un euphémisme à peine voilé, le
spécialiste bordelais : il adore le Saint-Emilion,
mais il évitera de vous le servir sur un double ou
triple crème (des fromages qui comprennent entre 50
et 75 % de matières grasses), comme le gratte paille
par exemple.
Quels sont alors les produits prédisposés à
une alliance avec Saint-Emilion ? "Tout d'abord, les
pâtes molles à croûte fleurie, type coulommiers,
brie de Meaux, à condition qu'ils ne soient pas encore
trop avancés, ainsi que les fromages au lait frais
quand ils ne sont pas encore trop puissants. La "figure
imposée" de tout rapprochement réussi :
choisir le bon stade d'affinage, c'est le secret de la réussite.
Les Saint-Emilion se marient parfaitement avec la famille
des "pâtes pressées", cuites ou non
cuites, - comté - et avec les fromages au lait de brebis
comme les Pyrénées dont la pointe de sel se
révèle être un avantage. Mais contrairement
au cas précédent, l'affinage doit, cette fois,
être important. Ils sont enfin parfaitement comparables
avec les "gruyères" : beaufort, fribourg
et assimilés.
|