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Historique
Saint-Emilion, un vignoble d'exception : Des premières vignes à l'inscription au Patrimoine Mondial de l'Humanité...
Les premières vignes à Saint-Emilion…
La Conquête Romaine sur l’Aquitaine débute en l’an 56 avant J-C et touche d’abord les cités et les villages avant d’entreprendre le défrichement de la forêt de Cumbis, nom primitif du site de Saint-Emilion. Sur les terres conquises sont plantées les premières vignes en greffant des cépages phocéens sur la « vitis biturica » locale – l’ancêtre du Cabernet. La région s’enrichit de nombreuses villas romaines comme celle qui aurait appartenu au poète Ausone. Les travaux archéologiques récents font du site du Palat la résidence la plus plaisible pour le célèbre poète, dont le souvenir et le nom habitent si fortement ces lieux…
Un vignoble marqué par les Grandes invasions et le christianisme
En 406, la Pax Romana vacille un peu partout en Gaulle et de nouveaux conquérants comme les Goths et les Alains empruntent à leur tour le chemin des fleuves pour s’installer en Aquitaine. Plus tard, une nouvelle société nait sous l’influence grandissante du christianisme. La propagation de cette nouvelle foi sera l’œuvre des moines évangélisateurs qui fondèrent un monestère à Lucaniac, près de Saint-Emilion. Un élan brutalement stoppé par l’arrivée des Sarazins vers 732, vaincus par Charles Martel.
La naissance de la cité religieuse
Emilion n’est pas une légende. Son culte s’enracine à la fois en Bretagne et bien-sûr, à Saint-Emilion. Le premier témoignage sur la vie de cet ermite, datant du XIIe siècle, raconte son projet de rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. On trouve sa trace à Saujon puis vient s’installer à « Ascumbas », ancien nom de Saint-Emilion où il aménage une église dans le roc et s’établit autour de lui une petite communauté religieuse. Après sa mort, le 16 janvier 787, ses disciples creuseront au dessus du sanctuaire initial l’église monolithe que l’on visite toujours aujourd’hui. La cité de Saint-Emilion était née…
Les nouveaux droits de la cité et du vignoble
En 1152, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi Henri II fait passer l’Aquitaine sous domination britannique. Saint-Emilion devenue un centre important de la vie religieuse, voulut acquérir ses droits. Ce sera Jean Sans Terre, fils d’Henri II, qui satisfera cette volonté en 1199 par la Charte de la Falaise, offrant à la Cité son autonomie administrative, judiciaire et financière. Les droits acquis par la Charte favoriseront l’essor du vignoble sous l’occupation anglaise. La création du Port de Libourne en 1269 ouvrira la route aux expéditions de vins. En 1289, Edouard 1er étend les prérogatives de la Jurade de Saint-Emilion aux paroisses voisines qui formeront désormais sa juridiction.
Le vignoble dans la guerre de 100 ans et les guerres de religion
Au XIVe et XVe siècles, les luttes d’influences entre Français, Anglo-Aquitains et seigneurs locaux auront des conséquences catastrophiques pour le vignoble de Saint-Emilion. La Bataille de Castillon en 1453, s’enchaîne avec les affrontements entre troupes royales et protestants annonçant le début des guerres de religion. L’avènement d’Henri IV en 1589 marqua la fin de ces épisodes douloureux pour Saint-Emilion, qui va pouvoir retrouver les chemins de la vigne…
De la révolution à la période moderne
A la veille de la Révolution, le vignoble de Saint-Emilion est profondément marqué par ses structures foncières, socio-économiques. Contrairement à d’autres régions viticoles du bordelais, le libournais se caractérise par les métairies, petites unités d’exploitations, freineront l’évolution vers la monoculture et l’émergence de grandes propriétés. Elles expliquent en grande partie l’extrême morcellement du vignoble actuel.
Les nouvelles plantations de vigne se feront progressivement à partir du XVIIe avec les échanges entre la Guyenne, l’Angleterre et la Hollande. La forte demande anglaise et hollandaise entraine une expansion du vignoble de Saint-Emilion, allant jusqu’à doubler au XVIIIè siècle.
Les fortes gelées de 174O vont amplifier ce mouvement. La distorsion entre les petites récoltes qui s’en suivirent et un marché en pleine expansion auront une forte incidence sur le niveau des prix et le rythme des plantations. Les cartes de Belleyme, établies vers 1762 montrent qu'une bonne partie du plateau, des côtes et pieds de côtes est déjà occupée par la vigne.
Les domaines viticoles du 18ème siècle
Le XVIIIème siècle voit apparaître de grandes figures de propriétaires qui jouèrent le rôle de pionnier : Combret de la Nauze, Jacques Kanon, François Boyer, Jean de Sèze, les familles de Carles et de Canolle, entre autres. Ils mettent en application sur leurs domaines de nouvelles méthodes, de nouveaux principes, réalisent si nécessaire de grands travaux de drainage. Les cépages rotures sont arrachés au profit du Cabernet, du Bouchet et du Noir de Pressac. Présents sur leurs vignes, accordant une attention minutieuse à la vendange, aux travaux de vinification, au choix de la futaille, ces hommes donnent naissance à travers la notion de propriété viticole à des “crus” au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Ainsi, nait à la fin du XVIIIe siècle une première génération de véritables “Châteaux”. De vastes demeures de maître, mises en valeur par un parc ou une cour d’honneur, sont érigées. Elles commandent cuviers, chais, dépendances, remises et s’ouvrent par de vastes allées sur leurs vignobles dont les parcelles s’entourent de murets de pierre.
L’arrivée de la Révolution dans laquelle Saint-Emilion joua un rôle important avec Marguerite-Elie Guadet et ses compagnons Girondins ne modifia pratiquement pas le visage de l’ancienne Juridiction mais marque la dissolution de la Jurade. Le commerce des vins de Saint-Emilion n’eut pas trop à souffrir des guerres napoléoniennes mais de l’oïdium puis du phylloxéra. En 1884, Saint-Emilion crée le premier Syndicat Viticole de France. Il sera le ferment de l’exceptionnelle politique qualitative menée depuis sur ce vignoble.
Un vignoble pionnier à l’avant garde de la qualité
La volonté de garantir l’origine, l’authenticité et la qualité des vins a toujours été très forte dans le vignoble de Saint-Emilion. La Jurade de Saint-Emilion se charge du respect de ces critères, jusqu'à ce que la Loi du 21 mars 1884, autorisant le monde agricole à créer des syndicats professionnels, redonne aux viticulteurs de Saint-Emilion de nouveaux instruments pour défendre et promouvoir leur vin.
Dès lors, le syndicat des Vins de Saint-Emilion, le premier de France, est créé cette même année. Il agit dans de nombreux domaines : le conseil technique, la promotion, l’image, la qualité des vins, etc. La création du Syndicat fera naître notamment le Comité des Appellations d’Origine.
Signé en 1936, un nouveau décret définit l’aire de production des vins de Saint-Emilion ainsi que les critères de rendement, de densité, de plantation, de degré, etc. L’année 1954 marque la création de 4 appellations : Saint-Emilion, Saint-Emilion Grand Cru, Saint-Emilion Grand Cru classé et Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé, qui seront regroupées dès 1984 en les deux appellations Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru. Le premier classement des vins de Saint-Emilion est réalisé en 1955 puis révisé en 1969, 1986, 1996 et 2003. En 1999, le vignoble de Saint-Emilion est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité, au titre de paysage culturel.
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