Stephane Belmondo, improvisation musicale à Cheval Blanc

Stephane Belmondo, improvisation musicale à Cheval Blanc

Dans le chai du Château Cheval Blanc, le Stephane Belmondo Trio s’est prêté au jeu de la Dégustation Musicale

Le trompettiste Stephane Belmondo est le musicien le plus fidèle au Saint-Emilion Jazz Festival. Pour la 4e année, le fils spirituel de Chet Baker était l’une des têtes d’affiche. Dans le chai du Château Cheval Blanc, le Stephane Belmondo Trio s’est prêté au jeu de la Dégustation Musicale. Pendant que le public dégustait de grands vins de Saint-Emilion, les musiciens les ont interprétés. Émouvant.

La mélodie comme le vin : l’art de la respiration

S’il cultive le rire et la convivialité, Stephane Belmondo n’est pas le même au moment de jouer. Quand il saisit sa trompette, son visage est concentré. Le musicien cherche au fond de lui une vérité, pour donner à la mélodie une rare intensité. Et c’est là que l’émotion surgit. Tandis que les arômes du vin s’exhalent en bouche, la musique du trio étire lentement les sensations de la dégustation. Un art de la respiration cher à Stephane Belmondo, une façon de cueillir l’instant.

« Il faut laisser respirer la mélodie. Je dis toujours aux jeunes musiciens et aux éternels étudiants, dont je suis, que la respiration est très importante en musique. C’est d’ailleurs aussi vrai dans la vie. Quand on parle, quand on échange ou qu’on écoute, c’est primordial. Un vin doit aussi respirer. J’aime la respiration de la vie ».

Les vins de Saint-Emilion, à l’écoute des sensations

Pendant la Dégustation Musicale, Stephane Belmondo était accompagné de Jesse Van Ruller à la guitare et de Thomas Bramerie à la contrebasse. Tous les trois ont dégusté les vins en même temps que le public, avant d’en livrer une impression musicale. Pour interpréter un millésime 2011 sur la puissance, avec une trame de fraîcheur, le trio a choisi Béatrice du saxophoniste Sam Rivers. Pour le millésime 2008, marqué par une pluie abondante au printemps suivi d’un été sec et frais, le trio est parti sur un standard de l’époque Broadway, It’s a rainy day. Une façon de souligner la fraîcheur du cépage cabernet franc.

« Ce n’est pas un exercice facile, mais on a pris beaucoup de plaisir à improviser sur ces vins qui sont vraiment fantastiques. Évidemment, il faut savoir d’où vient le vin, connaître l’assemblage, etc. On s’est basé sur le nez, le goût, la bouche. J’espère qu’on a été précis ».

À voir les visages des amateurs de vin et de jazz, l’exercice a été réussi. Ils sont repartis avec le souvenir durable d’un moment suspendu. Stephane Belmondo, intronisé par la Jurade de Saint-Emilion en 2015, en a profité pour une fois de plus clamer son amitié pour les viticulteurs de Saint-Emilion.  

Dernière mise à jour le : 29/08/2016