Un temps fort pour Libourne, Pu’Er et les vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac

Un temps fort pour Libourne, Pu’Er et les vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac

Le 9 décembre 2016, l'exposition des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac sera inauguré à Pu’Er en Chine.

L’inauguration de l'exposition des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac à Pu’Er est un événement de premier plan dans le jumelage qui unit les villes de Libourne et de Pu’Er. Interview croisée avec Philippe Buisson, maire de Libourne et Jean-François Galhaud, président des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac.

Comment est né ce projet d’exposition à Pu’Er autour des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac ?

Philippe Buisson, maire de Libourne : Ce projet est né à l'initiative de la ville de Pu’Er qui cherchait à créer un partenariat privilégié avec une ville représentant l'excellence de la viticulture française, et avait à ce titre identifié Libourne et les vins du libournais. C'est ainsi qu'à l'hiver 2011 j'ai reçu un appel de l'Ambassade de France à Pékin, qui souhaitait me mettre en relation avec les autorités de Pu’Er. J’ai décidé d’y donner suite, en accord avec les appellations du territoire. J'ai immédiatement vu en ce projet une belle opportunité de rapprochement entre les civilisations du thé et du vin à travers l'excellence de nos produits.

Jean-François Galhaud, président des vins de Saint-Emilion – Pomerol - Fronsac : Suite au jumelage en 2012 des villes de Pu’Er et de Libourne et des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac, de nombreux événements vin et thé ont été organisés, notamment dans la ville de Libourne. Cette thématique de dégustations croisées a beaucoup plu aux professionnels comme au grand public. Après l’exposition temporaire autour des thés de Pu’Er à Libourne, nous avons engagé des échanges avec les autorités culturelles de Pu'Er pour la mise en place de ce projet. Nous avions une réelle volonté de présenter notre culture et notre façon d’élaborer nos vins à Pu’Er. Le musée national des thés de Pu’Er a accepté de mettre à disposition son espace principal pour nous permettre de réaliser une grande exposition sur nos vins et notre histoire.

Comment voyez-vous le rôle de cette exposition ? 

P.B. : Il s’agit d'un outil de marketing et de promotion de nos vins en Asie et plus précisément en Chine. Au moment où les Chinois se mettent à consommer massivement les vins de Bordeaux, cette exposition permet de valoriser l'image de nos appellations et assure un rôle pédagogique quant à l’art de la dégustation de nos vins. En outre cela permet de promouvoir réciproquement nos territoires en matière touristique. L’œnotourisme à destination des clients asiatiques est une de nos priorités pour le libournais.

J-F.G. : Le musée sera un réel ambassadeur de nos vins et de nos traditions, à Pu’Er bien entendu mais aussi pour l’ensemble de la Chine. L’exposition permettra d’enrichir encore les liens que la ville de Libourne et les vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac entretiennent avec les Chinois. C’est une façon de montrer qu’au-delà des 10 000 kilomètres qui nous séparent, nous avons de nombreux points communs. 

Le thé et le vin présentent beaucoup de similitudes. Quelles sont les correspondances qui vous ont le plus intéressé entre les vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac et les thés de Pu’Er ?

P.B. : La ressemblance entre l’élevage des thés de Pu’Er et la culture des vins de Bordeaux est frappante et les similitudes ne manquent pas : cépages, culture séculaire, bienfaits sur la santé grâce au polyphénol, prestige du produit.  A ce titre, une exploitation de thés de Pu’Er ressemble à s'y méprendre à un chai viticole.

J-F.G. : Les similitudes les plus frappantes entre le thé et le vin résident pour moi dans leur élaboration et leur dégustation. En effet, le terroir et la climatologie sont essentiels à la bonne élaboration des thés, tout comme pour les vins de notre région qui bénéficient d’un environnement naturel exceptionnel. La récolte est faite avec soin, le tri des feuilles de thé est fait à la main, il existe ensuite une fermentation des thés et parfois même un assemblage. On retrouve tous ces éléments dans l’élaboration de nos vins. On rencontre aussi une même convivialité et un même partage au moment de la dégustation, durant laquelle on utilise les mêmes méthodes d’approche : la vue, le nez et enfin le goût pour identifier tous les arômes et les tannins qui se dégagent des deux boissons. C’est vraiment fascinant.

Pouvez-vous nous raconter une de vos visites à Pu’Er et la découverte des lieux de production du thé ? Qu’avez-vous ressenti ?

J-F.G. : Président des vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac depuis un an, je n’ai pas encore eu l’occasion de me rendre à Pu’Er mais j’attends cette première visite avec impatience. L’inauguration de l’exposition le 9 décembre sera pour moi l’opportunité de découvrir ce fabuleux environnement. En revanche, j’ai beaucoup entendu parler mes amis viticulteurs qui faisaient partie de la première délégation : tous étaient ravis de leur séjour et en parle toujours avec un peu de magie…

P.B. : La culture du thé de Pu’er s’effectue sur les contreforts du Tibet, aux confins du Yunnan, dans une province réputée pour sa qualité de vie et sa culture du bien-être. C’est une province très reculée de Chine à la frontière de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande, où vivent paisiblement de nombreuses minorités ethniques. Aller à la découverte des thés de Pu’Er c'est également aller à la rencontre de paysages exceptionnels et de ses habitants aux cultures ancestrales. Je garde en souvenir ma première visite dans cette province où l'accueil dans chaque village fut exceptionnel, à la hauteur d’une visite diplomatique !

Quels conseils pouvez-vous donner à un amateur de vin qui souhaite découvrir les thés de Pu’Er ?

J-F.G. : Tout comme pour les vins, il n’est pas nécessaire d’être un expert pour apprécier les thés. Il suffit d’être à l’écoute de ses sensations, de respecter le produit et d’être bien entouré ! La dégustation peut aussi être un jeu : quelqu’un qui souhaite découvrir les thés de Pu’Er peut le faire en dégustant plusieurs thés, de plusieurs millésimes différents. C’est très intéressant de goûter les différents arômes des thés de Pu’Er et de faire, comme le veut la tradition, différentes infusions successives.

Quel regard portez-vous sur la collaboration entre Libourne, Pu’Er et les vins de Saint- Emilion – Pomerol – Fronsac ?

P.B. : Cette collaboration est tout sauf du folklore ; elle doit nous permettre d'avoir un temps d'avance par rapport aux autres terroirs sur l'ouverture de la Chine à nos produits viticoles et de mieux comprendre les attentes et les besoins des consommateurs chinois, très demandeurs d’en apprendre plus sur la dégustation de nos vins. Elle doit aussi nous permettre de lier des amitiés durables entre nos peuples.

J-F.G. : C’est une collaboration très importante pour nos viticulteurs. Elle permet de renforcer nos connexions avec la Chine, de partager nos valeurs communes sous un nouvel angle dans la présentation de nos vins. On dépasse le simple échange commercial et l’on parle ainsi du respect de nos patrimoines et de nos traditions. Nous sommes très fiers que la ville de Libourne et les vins de Saint-Emilion – Pomerol – Fronsac soient associés avec les thés et la ville de Pu’Er et nous espérons que cette collaboration continuera encore longtemps de prospérer. De nombreuses pistes sont déjà en cours d’étude pour 2017.

Dernière mise à jour le : 24/11/2016