Le serment de la Jurade de Saint-Emilion

Le serment de la Jurade de Saint-Emilion

Après le sceau, nous poursuivons notre exploration des symboles de la Jurade de Saint-Emilion.

Après le sceau, nous poursuivons notre exploration des symboles de la Jurade de Saint-Emilion. Pendant la cérémonie d’intronisation des nouveaux jurats, le serment est un moment fort. Pour comprendre son origine, il faut se replonger dans l’histoire de Saint-Emilion. Suivez le guide !

« À Saint-Emilion, toujours fidèle ! »

Aujourd’hui, quand un nouveau jurat est intronisé à la Jurade, il prononce le serment suivant : « À Saint-Emilion toujours fidèle ». Par cette phrase, le viticulteur ou le négociant devient membre à part entière de la Jurade de Saint-Emilion.

Ce principe du serment vient en fait de très loin. En 1199, le roi d’Angleterre Jean Sans Terre a accordé aux bourgeois de Saint-Emilion le droit de former une commune. Par ce privilège, ils pouvaient constituer une association basée sur un serment. Au départ, ce serment servait à garantir la paix et assurait à chacun une aide en cas d’agression. De nos jours, le sens de ce serment a évolué, comme l’explique Jacques Bertrand, propriétaire du Château Carteau Côte Daugay, Saint-Emilion Grand Cru, et jurat de Saint-Emilion depuis 1975.

« Le serment existait avant mais il a été réactualisé en 1948. Il montre notre attachement au vin mais aussi à la générosité. Nous jurons d’être toujours proches les uns des autres et de véritablement nous entraider ».

Au XIIIe siècle, on est reconnu jurat dès lors que l’on fait partie de la commune. Pour diriger la commune de Saint-Emilion, les jurats désignent trois prud’hommes. Parmi eux, le roi en choisit un pour devenir maire.

Quand la Jurade de Saint-Emilion s’est reconstituée en 1948, après son abolition à la Révolution, elle a remis d’actualité ces désignations dans un but honorifique. Quand elle souhaite distinguer des personnalités, elle accorde par exemple les titres de Prud’homme de la Jurade, de Vigneron d’honneur et Bourgeois de Saint-Emilion et de Dame de la Jurade.

La Jurade de Saint-Emilion et le ban des vendanges

Si aujourd’hui la Jurade de Saint-Emilion s’occupe de promouvoir les vins de ses quatre appellations, elle est aussi un lien entre le présent et le passé. L’ancienne Jurade de Saint-Emilion a joué un rôle important dans la tenue du vignoble. Au XVe siècle, on sait qu’une partie importante des délibérations et des décisions de la Jurade touche au vin. Dans ce domaine, son pouvoir est très large. Elle règle les conflits dans les transactions, traite les dégâts causés à la récolte, fixe le prix du vin ou encore perçoit la vinée, une taxe sur la vente de vin au détail.

Mais la manifestation la plus visible du pouvoir de la Jurade s’exerce par le ban des vendanges. La Jurade fixe chaque année une date à partir de laquelle la vendange est autorisée. Grâce au contrôle de la bonne maturité du raisin, elle peut s’assurer de la qualité du vin. Pour faire respecter son autorité, la Jurade dispose d’un système de surveillance. À partir de mi-août, des visiteurs et des gardes sont affectés dans les différents secteurs du vignoble. En cas de fraude constatée, la Jurade distribue des amendes.

De nos jours, le ban des vendanges est devenu une fête. Chaque année à la mi-septembre, les jurats de Saint-Emilion montent au sommet de la Tour du Roy. De là, habillés de leur robe rouge, ils proclament le ban des vendanges. Comme le disent les jurats : « À Saint-Emilion, toujours fidèle ! »

 

Dernière mise à jour le : 30/01/2017