Histoire

Histoire

Retour sur l'histoire de ce vignoble à la longévité exceptionnelle.

Loués par le poète gallo-romain Ausone au Ier siècle avant Jésus-Christ, les vins de Saint-Emilion sont appréciés depuis plus de deux mille ans.

Premiers ceps à Saint-Emilion

Il y a plus de 30 000 ans, les hommes du paléolithique s'installent sur le site de Saint-Emilion, attirés par les grottes naturelles, les forêts et les eaux généreuses. Il faut attendre la colonisation romaine, amorcée en 56 avant Jésus-Christ, pour que les premières amphores de vin y soient produites. C’est à cette époque que la forêt de Cumbis est défrichée et les premières vignes plantées. Les Romains choisissent alors de greffer des cépages utilisés autour de Massilla (Marseille), sur des pieds de vitis biturica, une vigne présente dans le Sud-Ouest. À Saint-Emilion, la grande histoire de la viticulture peut commencer.

Saint-Emilion, l'origine d'un nom

Au Vème siècle, l’effondrement de l’Empire romain marque la fin de la Paix Romaine et de la prospérité qui l’accompagne. La survie et la diffusion de la viticulture doivent alors beaucoup au Christianisme, qui a fait du vin un élément central du culte. Les religieux cultivent la vigne, mais il faut attendre le XIe siècle et l’arrivée des Bénédictins à Saint-Emilion pour que la viticulture connaisse un nouvel essor. Entre-temps, le village s'est trouvé un nom, inspiré d'un moine du VIIIe siècle originaire de Bretagne. En route pour Compostelle, Emilion s’arrête dans une grotte à proximité de la Dordogne et décide de s’y établir. À sa mort, en 787, ses disciples édifient à Saint-Emilion la fameuse église monolithe.

Le « cru », un héritage du Siècle des Lumières

Le Moyen-Âge a laissé d'importantes marques dans le paysage et les structures de Saint-Emilion. La Jurade, fondée en 1199, est un souvenir de la présence anglaise. L'extrême morcellement du vignoble d'aujourd'hui s'explique aussi par la petite taille des exploitations médiévales. Cependant, le Siècle des Lumières a bouleversé Saint-Emilion. Au XVIIIe siècle, une génération de propriétaires marque son époque en développant de nouvelles méthodes pour la viticulture. Passionnés d'agronomie, Combret de la Nauze ou Jacques Kanon procèdent à de grands travaux et achèvent la sélection des cépages. Avec ce travail au plus près du terroir apparaît la notion de « cru » pour les meilleurs vins.

Solidarité des viticulteurs à Saint-Emilion

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Saint-Emilion n'échappe pas à la crise du phylloxera qui touche tout le vignoble français. Les viticulteurs de Saint-Emilion surmontent collectivement cette épreuve. En 1884, ils fondent le premier Syndicat Viticole de France. Dynamique et innovant, le Syndicat Viticole de Saint-Emilion est à l'origine, en 1931, de la première coopérative viticole du Bordelais. Plus tard, en 1948, les vignerons de Saint-Emilion reconstituent la fameuse Jurade, qui avait été dissoute pendant la Révolution française. Depuis 2007, le Syndicat Viticole de Saint-Emilion est associé aux Syndicats Viticoles de Lussac Saint-Emilion et Puisseguin Saint-Emilion, au sein du Conseil des Vins de Saint-Emilion.

Saint-Emilion, un patrimoine universel

Tout au long du XXe siècle, les vignerons de Saint-Emilion ont travaillé à l'amélioration des vins et à la définition de labels de qualité. La création de l'AOC Saint-Emilion puis l'instauration d'un classement révisable en 1954 sont des étapes capitales. Elles affirment la haute réputation des vins de Saint-Emilion dans l'esprit d'un public de plus en plus international. C'est d'ailleurs au niveau mondial que l'histoire exceptionnelle du vignoble de Saint-Emilion trouve sa consécration. En 1999, il est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, au titre de paysage culturel. Cette reconnaissance vient saluer une histoire de plus de 2000 ans, riche d'interactions entre les hommes et un terroir exceptionnel.

Dernière mise à jour le : 23/09/2015